samedi 7 février 2015

De celles

De celles

Je suis de celles que l'on perd dans l'océan
qui se noient dans le tourbillon de la vie.
On m'abandonne, me délaisse dans le temps,
par obligations et non par envie.

Je ne suis pas de celles qui restent en vie
dans un monde si contraignant.

Je suis de celles que l'on enferme
tout au fond d'un cœur vieillissant.
Incapable d'affronter cet âge grandissant
ne laissant que très peu de perme...

Je suis de celles qui apparaissent
lorsque sur le visage s'étirent
les lèvres en un tendre sourire ;
où dans les yeux les rires transparaissent

Je suis de celles qui surgissent
à l'improviste dans l'amusement
entre parents et amis complices
le monde, la vie, revivent, simplement.

Je ne suis pas de sel qui disparaîtra,
dans les générations à venir,
avec un peu d'eau. Ire !
Non, je suis  celle qui perdurera.

Je suis l'Âme d'enfant.


dimanche 12 octobre 2014

Couple (2)

Bonsoir

voici un texte court écrit en cinq minutes. Une inspiration expresse pour un texte débile.

Couple (2)


Ciel de soie
sur ma ville
il y à dix minutes.

Maintenant je me noie
sous cette vile
 pluie. Eh puis… Zut.

Sous le déluge de cet orage,
les célestes morceaux de porcelaine
s'éclatent au sol. Ils y mettent toute leur haine.
Diable et Dieu en vieux couple se querellent et enragent.

Faites pas chier ! Roulez-vous une pelle !
Sous l'édredon réconciliez-vous
à l'en faire exploser et arrosez-nous
de ces plumes floconneuses. Menez la vie belle.

vendredi 3 octobre 2014

L'effeuillage

Bonjour à tous,

Voilà un tout petit peu plus d'un an, je me suis lancé dans un défi fou (même pour moi). Un défi que ma chère amie Carole m'a donné.
C'était un matin, elle me demandait mon avis sur une idée de texte qu'elle avait eu. Après lecture, elle m'a expliqué de quoi il s'agissait. C'était à l'occasion d'Octobre Rose (le mois dédié à la lutte contre le cancer du sein). Fleur Hana, une jeune auteure, souhaitait créer un recueil dont les bénéfices résultants des ventes soient reversés à l'association Étincelle qui accompagne les femmes touchées par cette maladie dans leur combat, dans cette bataille pour survivre.

Carole voulait que je participe, mais je n'avais vraiment pas d'idée et en plus il était l'heure pour moi de partir au boulot. Mais le temps d'arriver sur mon lieu de travail (moins de 10 minutes) je lui envoie un SMS, j'avais eu une idée qui ne me semblait guère terrible... elle était emballée.
 Le soir même, j'ai écrit un premier jet qu'elle a lu et après quelques modifications de tournures et suppression de répétitions (son petit plaisir personnel), j'ai transmis mon texte au comité de lecture. 
Miracle, ce dernier m'a sélectionné...et dans la folie Carole aussi, ainsi que notre amie Kinder. Ce fut une belle expérience de groupe.

Après cette année écoulée, je vous laisse le découvrir ou le redécouvrir.

N'hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis.
Merci.


----------------------





 L’effeuillage 




Jeanne marchait dans la rue en ce jour d’été, se tamponnant parfois le front pour capturer les perles de sueur naissantes. Les artifices lui donnaient chaud, mais elle s’en moquait, il s’agissait d’un combat qu’elle était prête à mener ; elle voulait tenter de vivre normalement. 

Lorsqu’elle arriva à un croisement, elle repéra un bar et décida de s’offrir un petit rafraîchissement. S’asseyant à une table libre sur la terrasse, elle nota qu’un groupe de six amis était assis à proximité et l’observait en s’esclaffant. Jeanne lança une oeillade dans leur direction, et se dit qu’elle se faisait des idées ; à première vue ils avaient la trentaine comme elle, ils riaient certes, mais pas d’elle, pas à cet âge. 
Pourtant, elle ne put s’empêcher de tendre l’oreille et elle les entendit : 

— Nan, mais sérieux, regarde la tonne de maquillage qu’elle porte, c’est un pot de peinture, j’te dis. 
Le maquillage, lui permettait à plus que n’importe qui d’autre de cacher camoufler le manque de vrai sommeil, les tracas de la vie… Alors ce qu’elle écouta la toucha profondément, mais essaya de ne rien montrer. 
Un serveur lui demanda ce qu’elle désirait, et elle répondit « une simple eau citronnée ». 
— C'est pas une nana, c’est un trav' qui a trop maigri. 
— Ouais trop… 
Le garçon de café revint et déposa le verre devant Jeanne, elle le remercia sans lui prêter la moindre attention. Elle fixait toujours le petit groupe. 
— Même Big Mat a plus de seins qu’elle… dit l’un d’eux avant de rire à nouveau. 
— Ouais, il fait vraiment pitié !!! 
— Pourtant, j’croyais que les hormones qu’ils prenaient les faisaient se développer… 
— Je croyais aussi. 

Jeanne n’en pouvait plus, qu’espérait-elle après tout… Elle devait se blinder ; affronter de nouveau le monde n’était pas si aisé. « Non, je dois continuer à vivre. » Elle s’accorda une grande inspiration et se releva un peu vite, lui causant un vertige. Expiration. 
Elle se planta devant eux et leur dit : 

— Ne vous en déplaise, je suis une femme depuis ma naissance. 
— Mais bien sûr, Madame, répondit l’un d’eux en décrochant avec soin chaque syllabe du dernier mot. 

Jeanne se mordilla les lèvres, le corps parcouru des tremblements de la peur. Peur, car elle était seule face à six individus légèrement éméchés. Qu’est-ce qui lui avait pris de se lever ainsi ? Ça ne lui ressemblait pas. Elle se sentait vexée, blessée qu’ils aient osé la confondre avec un homme… N’était-elle plus femme ? N’y avait-il que ça ? Non, la colère aussi s’insinuait en elle. Bande d’ignorants. 
Elle retourna à sa table et se saisit de son verre. Elle se tourna à nouveau effectua une nouvelle fois la distance qui la séparait de leur table. La jeune femme commença par tremper un mouchoir dans son eau citronnée et se le passa sur la figure. Dans le sillage du tissu imbibé, le maquillage s’effritait, révélant ainsi un faciès fatigué, les traits tirés, les joues creusées. 

L’air absente et triste, elle finit son démaquillage en retrempant plusieurs fois son mouchoir. Les individus s’étaient tus, mais gardèrent un rictus moqueur. 
Alors Jeanne, tout en fermant les yeux, retira sa perruque qui lui donnait si chaud. Elle révéla ainsi un crâne rougi par le contact du postiche où quelques cheveux avaient survécu à la chimio. Le vent caressa doucement son crâne dégarni, ce qui lui fit du bien. Elle sourit faiblement. 
Elle nota que les jeunes gens étaient maintenant mal à l’aise, sans doute comprenaient-ils enfin. 
De les voir ainsi lui redonna plus de courage et les commissures de ses lèvres s’élargirent encore. Alors elle acheva son effeuillage en déboutonnant son chemisier pour ensuite retirer sa brassière… Elle arborait, en lieu et place de ses attributs, qu’elle considérait jadis comme les marqueurs de sa féminité, deux cicatrices… 

Les six individus blêmirent soudainement. Jeanne se redressa fièrement, son minois rayonnant. Elle se dit qu’elle avait gagné une bataille. Pas sur le front de la maladie, mais sur celui du regard des autres. Elle se sentait plus forte maintenant que lorsqu’elle était sortie de son appartement. Elle déposa un billet de 5 € sous son verre, remit son chemisier et reprit son chemin, perruque à la main.


Fred Chaussin

dimanche 20 juillet 2014

Couple

Bonjour (ou bonsoir)

Après des mois et des mois sans en faire, ce soir j'ai réussi à écrire un texte-court.

Voici donc celui intitulé Couple.

jeudi 29 mai 2014

A chacun son heur

Bonjour tout le monde, 

je reviens aujourd'hui pour poster une nouvelle assez courte. Une idée à la con j'en conviens, mais ça m'a fait rire quand elle a surgit dans mon crâne.

Bref, j'avais envie de l'écrire pour tromper mes difficultés à avancer sur Croc-Circle. Mais promis je m'y remets au plus vite.

Fred

mardi 15 avril 2014

Antre deux livres

Bonjour à tous,

Voilà longtemps que je n'avais posté ici. 
Alors pour compenser et vous remercier de votre patience, voici une nouvelle que j'avais proposé pour un Appel à Textes aux Editions de La Cabane à Mots dans le cadre de leur 3ème Antho-Noire.
J'ai été recalé au 2ème tour, ce n'est pas grave, comme ça vous pouvez la lire plus vite que prévu :p

Bonne lecture et n'hésitez pas à donner votre avis.

Fred

dimanche 22 septembre 2013

Avec le coeur

Bonjour à tous,

Eh oui je suis de retour sur ce blog après une longue absence... mais je n’ai pas le temps...
À me jeter partout, j'oublie des choses.

Toutefois si je reviens ici en ce jour c'est pour vous annoncer une bonne nouvelle.
Je sais que certains vont se dire "chouette enfin la suite de Croc-Circle ou d'Among Them" et j'aurai envie de leur répondre "Oui ce serait bien, mais non ce n'est pas ça..."

En fait, il n'y a pas si longtemps j'ai  participé à un appel à texte portant le nom d'Octobre Rose au profit de l'association Etincelle.
Et vous savez quoi ? La nouvelle que j'ai proposée "L'effeuillage" a été retenue. En plus, deux de mes amies auront un de leur texte dans ce recueil.

Vous pourrez donc la retrouver d'ici peu dans un recueil en version papier ou en numérique.
Tous les profits engendrés par les ventes seront reversés à l'association. Tous les auteurs ayant renoncé à leurs droits d'auteurs.

Si vous voulez faire une bonne action, c'est le moment. Je vous communiquerai le lien pour commander l'ouvrage dès qu'il sera dispo (ce sera l'occasion de faire un nouvel article).

En attendant, je vous propose de consulter le pdf d'annonce du recueil "À l'encre d'une Étincelle" qui présente également l'association.

Bonne journée à vous !

http://fleurhana.com/recueil-octobrerose.pdf